Depuis 2015, la proportion de chirurgiens-dentistes exerçant en groupe ne cesse d'augmenter en France. En Île-de-France, où les loyers sont élevés et la concurrence forte, le regroupement est souvent une stratégie économique pertinente. Mais s'associer ne s'improvise pas : un cabinet de groupe mal structuré génère des conflits qui peuvent mener à une séparation douloureuse et coûteuse.
Cabinet individuel vs cabinet de groupe : les différences clés
✓ Avantages du cabinet de groupe
- Partage des charges fixes (loyer, secrétariat, équipements) = charges moindres par praticien
- Couverture mutuelle des absences (congés, formation, maladie)
- Complémentarité des spécialités (ex : omnipraticien + orthodontiste + implantologue)
- Investissement dans des équipements plus performants mutualisés (cone beam, caméra optique)
- Échanges cliniques entre confrères, stimulation intellectuelle
- Meilleure qualité de vie et équilibre pro/perso
- Patientèle plus fidèle grâce à la continuité des soins
✗ Inconvénients et risques
- Prise de décision collective parfois lente ou conflictuelle
- Nécessité d'une entente humaine solide et durable
- Partage des patients plus complexe à organiser
- Rédaction des statuts et pacte d'associés indispensable (coût juridique)
- Surface et loyer plus importants à financer dès le départ
- Solidarité financière possible selon la structure
Les structures juridiques adaptées au cabinet de groupe
La SCM — Société Civile de Moyens
La SCM est la structure la plus légère pour exercer "ensemble sans exercer en commun". Chaque praticien conserve son activité indépendante (en BNC ou SELARL) et partage uniquement les charges via la SCM : loyer, secrétariat, équipements, fournitures. Les honoraires restent strictement individuels.
- Idéal pour : des praticiens qui souhaitent réduire leurs charges fixes sans fusionner leur activité
- Limite : pas de mise en commun des honoraires, pas d'exercice clinique conjoint
La SCP — Société Civile Professionnelle
La SCP permet un exercice en commun : les honoraires sont versés à la société, puis répartis entre associés selon les clés définies dans les statuts. C'est la structure historique des associations de praticiens libéraux.
- Avantages : mutualisation totale des ressources, solidarité entre associés
- Limite : régime fiscal IR (imposition immédiate sur la quote-part de bénéfice, même non distribuée), responsabilité solidaire et illimitée des associés
- Idéal pour : 2 à 4 praticiens qui se connaissent bien et partagent une vision commune
La SELARL pluripersonnelle
La SELARL (Société d'Exercice Libéral à Responsabilité Limitée) à plusieurs associés est la structure la plus évoluée. Elle offre la responsabilité limitée, l'optimisation fiscale via l'IS, et la possibilité de différencier les rémunérations selon l'activité de chaque associé.
- Avantages : protection du patrimoine personnel, optimisation fiscale IS, souplesse dans la répartition des résultats
- Limite : complexité administrative et coût de gestion plus élevés (assemblée générale, comptes sociaux, statuts détaillés)
- Idéal pour : cabinets de groupe avec des revenus élevés et une volonté d'optimisation fiscale
Le pacte d'associés : l'outil indispensable
Quelle que soit la structure choisie, le pacte d'associés (ou "pacte extrastatutaire") est le document qui régit les relations entre praticiens au-delà des statuts. Il doit traiter de toutes les situations potentiellement conflictuelles :
- Gouvernance : qui prend les décisions courantes ? Qui décide des investissements importants ? À partir de quel seuil faut-il une unanimité ?
- Répartition des honoraires : au prorata de l'activité individuelle, ou forfait égal entre associés ? Quid des actes techniques plus rentables d'un associé spécialisé ?
- Sorties et départs : que se passe-t-il si un associé veut partir ? Clause de non-concurrence ? Valorisation des parts ? Droit de préemption des autres associés ?
- Incapacité ou décès : qui reprend les patients ? Comment sont rachetées les parts ?
- Clause de résolution des conflits : médiation ou arbitrage avant tout recours judiciaire
Le financement d'un cabinet de groupe
Le financement d'un cabinet de groupe suit les mêmes règles que pour un cabinet individuel, avec quelques spécificités :
- Apport consolidé : l'apport de chaque associé s'additionne, ce qui améliore significativement le dossier bancaire
- Capacité d'emprunt plus élevée : deux ou trois revenus prévisionnels garantissent le remboursement du prêt, ce qui rassure les banques
- Prêts individuels ou prêt commun : selon la structure, chaque associé peut emprunter à titre personnel ou la société emprunte directement
- Leasing mutualisé : les équipements communs (panoramique, CBCT) peuvent faire l'objet d'un leasing partagé entre associés
Comment trouver un associé ?
La recherche d'un ou plusieurs associés est souvent la partie la plus délicate du projet. Les canaux les plus efficaces :
- Réseau personnel : anciens condisciples de faculté, praticiens rencontrés en formation continue
- Groupes professionnels en ligne (Facebook, LinkedIn) dédiés aux chirurgiens-dentistes
- Congrès et formations continue (ADF, journées régionales de l'Ordre)
- Cabinet de recrutement spécialisé santé si vous cherchez un associé avec un profil complémentaire spécifique (implantologue, orthodontiste)
Avant de formaliser quoi que ce soit, prévoyez une période de collaboration test : remplacements, vacations partagées sur 3 à 6 mois. C'est le moyen le plus fiable de vérifier la compatibilité humaine et clinique avant de vous engager juridiquement.
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